Oui. Six semaines. C'est le temps qu'il m'a fallu pour tout refaire. Et quand je dis tout, je dis vraiment tout. Pas juste un coup de peinture, pas juste un nouveau thème cliqué dans une marketplace. Non. Tout. From scratch. Encore.

Un site web depuis l'an 2000-et-quelque

Je fais des sites web depuis 2002. HTML, PHP, ASP, Flash — j'ai expérimenté à peu près tout ce que le web du début des années 2000 avait à offrir, souvent dans le désordre le plus total. Pendant des années, mon bout de web personnel ressemblait surtout à un terrain de jeu chaotique pour tester des trucs. Ce n'est qu'en 2010 que j'ai commencé à bosser sur quelque chose qui ressemblait à un vrai blog.

En 2011, "BilouTheGeek" voyait le jour — petite référence au groupe "Billy Ze Kick", pour ceux qui s'en souviennent. Puis en 2016, refonte et changement de nom : BilouGates. Celui-là, il tiendra.

L'ère WordPress

Pendant un bon moment — disons de 2008 à 2022 — j'ai fait tourner la majorité de mes projets web sous WordPress. C'était pratique. Le boulot prémâché, des thèmes par milliers, des plugins pour tout et n'importe quoi. Idéal pour quelqu'un qui veut un site rapidement sans passer ses nuits à coder.

Sauf que voilà. Les mises à jour cassent les plugins. Les plugins cassent les thèmes. Les thèmes cassent l'affichage. Et pendant ce temps, des bots russes ou albanais fouillent tranquillement dans les recoins de votre installation à la recherche de la moindre faille.

J'en ai parlé en détail dans mon article de 2022. La version courte : après quelques nuits blanches de trop à patcher des bugs suite à des piratages, j'ai dit stop.

2022 : le premier "from scratch"

En 2022, j'ai donc refait le site complètement à zéro, en PHP pur, sans CMS, sans base de données externe. Juste des fichiers Markdown pour les articles, du JSON pour les métadonnées. Simple. Propre. Maîtrisé.

C'était un bon départ. Mais avec le recul, ça restait relativement basique. Pas de vrai back office, une gestion du contenu un peu artisanale, et une interface qui ne me correspondait pas vraiment.

Et puis il y avait la façon dont j'écrivais les articles.

Écrire en HTML. Sérieusement.

De 2022 à aujourd'hui, ma méthode de rédaction c'était ça : j'écrivais le texte brut dans un éditeur, puis je passais derrière pour ajouter les balises HTML à la main. Les <strong>, les <h2>, les <blockquote>, les <ul><li>… À chaque article. À la main. Systématiquement.

Est-ce que ça marchait ? Oui. Est-ce que c'était pénible ? Absolument. Est-ce que j'aurais pu faire autrement plus tôt ? Manifestement.

Parce qu'avec cette version du site, j'ai découvert — vraiment découvert, pas juste "vu passer" — le Markdown. Et honnêtement, je comprends pas comment j'ai pu faire sans avant. Un **mot** pour le gras. Un ## pour un titre. Un > pour une citation. C'est propre, c'est lisible même brut, ça se convertit en HTML nickel, et surtout on se concentre sur ce qu'on écrit plutôt que sur comment c'est balisé. jekiffceformat.md

C'est bête à dire, mais ça change vraiment la façon d'écrire. Moins de friction entre l'idée et le texte final. Et dans un éditeur avec prévisualisation en temps réel, c'est encore mieux.

Le JavaScript : enfin utile, enfin maison

L'autre truc qui a changé du tout au tout, c'est le JavaScript. Sur les versions précédentes du site, le JS c'était un peu… du copier-coller de trucs trouvés au hasard sur des sites du genre "ajoutez-des-effets-js-css-gratuits.com". Un carrousel par-ci, un effet de scroll par-là, une animation au survol récupérée sur CodePen à 23h. Le tout collé dans un <script> au bas de la page et prié très fort pour que ça ne casse rien.

Ça "marchait". Dans le sens où ça produisait des effets visuels. Mais rien n'était vraiment intégré, rien ne se parlait, et le moindre ajout devenait une opération à risque.

Là, le JavaScript est écrit pour ce site, par ce site. Les animations de la home page, la gestion du dark mode, le lecteur audio de la section musique, la recherche, les filtres de la collection vinyles — tout est pensé ensemble, tout se tient. Pas de lib externe inutile, pas de jQuery chargé pour faire un fadeIn(). Du vanilla JS propre, structuré, qui fait exactement ce qu'il doit faire et rien de plus.

Le résultat c'est un site qui est plus rapide, plus cohérent, et surtout dont je comprends chaque ligne — ce qui change tout quand il faut corriger un bug à 22h un dimanche.

2026 : on recommence — pour de vrai cette fois

Début 2026, je décide d'aller beaucoup plus loin. Pas une simple mise à jour. Une refonte totale, en repensant l'architecture depuis le début, avec un objectif clair : transformer le site en un véritable CMS maison, avec un front-end et un back-end complets.

Le principe reste le même — pas de base de données externe, tout en fichiers — mais poussé à un niveau autrement plus sérieux.

Et le truc rigolo dans tout ça : ce site, je pourrais le mettre sur une clé USB et le faire tourner n'importe où. Techniquement, c'est vrai. Pratiquement, ça ne servira jamais à rien. Mais ça fait son petit effet en soirée geek. Une sorte de Pokémon Snap de l'hébergement web.

Claude Code, Cursor et la révolution IA

Cette fois, je ne me suis pas battu seul dans mon coin. J'ai utilisé les outils d'IA à fond — et c'est là que ça devient vraiment intéressant.

J'avais commencé à utiliser Cursor pour ce genre de projet. C'est bien, l'intégration est soignée, et pour coder avec une IA en assistant, c'est une belle expérience. Mais depuis que le forfait Pro d'Anthropic donne accès à Claude Code, j'ai découvert un autre monde.

Claude Code dans VS Code, c'est une autre façon de bosser. Ce n'est pas juste "l'IA qui complète du code" — c'est un vrai assistant de développement, capable de comprendre un projet dans son ensemble, de naviguer dans les fichiers, de proposer des architectures cohérentes, de corriger des bugs en remontant aux causes profondes plutôt qu'en plâtrant les symptômes. Six semaines avec cet outil, et j'ai avancé plus vite que je ne l'aurais fait en six mois seul.

Ce qui a vraiment changé

La home page

C'est probablement la page qui a subi la transformation la plus radicale. L'ancienne était fonctionnelle mais passe-partout. La nouvelle reflète mieux ce qu'est le site : un mélange de geek assumé, de graphisme, et de références pop culture. Parallax, mise en avant des articles, des sections qui ont de la gueule.

Les pages d'articles

Gros chantier. La lecture est maintenant vraiment agréable, sur mobile comme sur desktop. Dark mode, typographie soignée, temps de lecture estimé, commentaires gérés sans base de données externe — tout ça sans une ligne de jQuery.

La collection de vinyles

Avant, il y avait les pochettes. C'était déjà sympa, mais ça s'arrêtait là. Maintenant, l'intégration avec MusicBrainz permet d'afficher des informations bien plus complètes sur chaque disque. Parce qu'une pochette sans contexte, c'est joli mais un peu vide.

La Computhèque

La présentation est meilleure. Est-ce qu'il manque encore des infos sur certaines machines ? Oui. Est-ce que certaines fiches sont plus complètes que d'autres ? Évidemment. Six semaines, c'est à la fois long et terriblement court quand on gère un projet seul de A à Z. Il y aura du neuf et de l'ancien encore un moment.

Le back office

C'est peut-être ce dont je suis le plus fier. Un vrai panneau d'administration, complet, avec :

  • Un éditeur d'articles en Markdown avec prévisualisation
  • Un système de modération des commentaires avec détection anti-spam intelligente
  • La gestion des articles mis en avant
  • La gestion des rubriques
  • Un module Newsletter
  • La gestion de la collection musicale et des vinyles
  • La Computhèque
  • Des outils SEO
  • Un mode maintenance (pratique quand on bricole en prod comme un animal)
  • Un dashboard avec statistiques

Tout ça, sans base de données. Juste du PHP et des fichiers JSON.

Et maintenant ?

Le site est en ligne, il tourne, il est stable. Est-ce qu'il est fini ? Non. Un site web n'est jamais vraiment fini. Mais il est à un niveau où je n'ai plus honte de pointer dessus.

Six semaines de code, de tests, de bugs, de corrections, de nuits à régler des trucs qui n'auraient pas dû être cassés. Et au bout du compte, un site qui me ressemble vraiment — geek, un peu bordélique dans les détails, mais solide dans les fondations.

La prochaine refonte dans trois ans ? Probable. Mais pour l'instant, je savoure.

#WEB #PHP #CMS #IA
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